Les tendances récentes des écrans OLED dans les smartphones

Quand on compare deux smartphones à prix équivalent en boutique, la première différence visible tient souvent à la dalle. Un modèle LCD affiche des noirs grisâtres, tandis que l’écran OLED éteint réellement ses pixels pour produire un noir absolu. Ce détail technique, longtemps réservé aux flagships, se retrouve désormais sur des appareils vendus sous la barre des 200 dollars. Le marché des écrans OLED dans les smartphones a basculé plus vite que prévu.

Écrans AMOLED sur smartphone : la bascule des parts de marché

Le basculement est mesurable. Selon Omdia, les smartphones équipés d’AMOLED représentaient 63 % des expéditions mondiales au premier trimestre 2025, contre environ la moitié un an plus tôt. Le LCD, lui, est tombé à 37 % des volumes.

A lire en complément : Les applications de la réalité augmentée s'étendent à l'éducation et au commerce

On n’est plus dans une cohabitation équilibrée. L’OLED flexible domine les livraisons mondiales, et la tendance s’accélère trimestre après trimestre. Le LCD ne disparaît pas, mais il se retrouve cantonné à l’ultra-entrée de gamme, là où chaque centime compte sur la ligne de production.

Ce qui a rendu cette bascule possible, c’est la montée en puissance des fabricants chinois de panneaux AMOLED. Omdia note que leurs expéditions ont augmenté rapidement, ce qui a tiré les coûts vers le bas et permis d’équiper des smartphones milieu de gamme avec des dalles qui auraient coûté le double quelques années plus tôt.

A lire aussi : La sécurité des montres connectées devient un enjeu majeur

Gros plan d'un écran OLED de smartphone posé sur un bureau en noyer, affichant des couleurs vives et des noirs profonds

OLED sous 200 dollars : la fin du privilège premium

Sur le terrain, on le voit dans les rayons : des marques comme Xiaomi, Realme ou Samsung proposent des modèles AMOLED à des tarifs accessibles. L’OLED n’est plus un marqueur de segment premium. Il progresse nettement dans les smartphones d’entrée et de milieu de gamme.

La baisse du prix moyen des panneaux AMOLED rend l’argument du surcoût de moins en moins recevable pour les constructeurs qui maintiendraient du LCD sur leurs gammes intermédiaires. Un acheteur qui hésite entre deux téléphones à budget serré peut désormais exiger un écran OLED sans monter en gamme.

Pourquoi le LCD résiste encore sur l’ultra-low-cost

Le LCD garde un avantage de coût brut sur les très petits volumes et les appareils vendus sous les 100 dollars. Les chaînes de production LCD sont amorties depuis longtemps, et certains marchés (Asie du Sud-Est, Afrique) absorbent encore ces modèles en quantité.

Les retours varient sur ce point : certains utilisateurs de smartphones LCD récents ne perçoivent pas de différence flagrante en plein soleil. En revanche, dès qu’on passe en intérieur ou qu’on regarde du contenu vidéo, le contraste infini de l’OLED creuse l’écart.

Smartphones pliables et coulissants : les nouveaux formats OLED

La flexibilité mécanique de l’OLED ne sert pas qu’à produire des dalles incurvées sur les bords. Elle ouvre la porte à des facteurs de forme que le LCD ne peut tout simplement pas adresser.

Samsung Display a présenté publiquement en 2026 des prototypes qui vont au-delà du pliable classique :

  • Des écrans pliables sans pli visible, grâce à la technologie Flex Titanium qui réduit la marque de pliure au centre de la dalle
  • Des bezels réduits à 0,4 mm, ce qui rapproche l’écran d’un affichage bord à bord réel
  • Des concepts « slidable » (coulissants) où l’écran s’étire latéralement pour passer d’un format smartphone à un format tablette

Le pliable n’est plus la seule piste d’innovation pour les dalles flexibles. Les prototypes coulissants posent la question d’un usage quotidien différent : un écran qui s’agrandit selon le contexte, sans charnière apparente.

Omdia prévoit que les expéditions d’écrans OLED pliables pourraient atteindre 12,5 millions d’unités par an d’ici 2032. Le volume reste modeste par rapport au marché total, mais il traduit une niche en structuration, pas un gadget éphémère.

Homme assis en extérieur dans une place urbaine utilisant un smartphone à écran OLED en automne

Technologie tandem OLED : luminosité et durée de vie en hausse

Un reproche récurrent adressé aux écrans OLED concerne leur luminosité maximale et le vieillissement des sous-pixels, notamment les bleus. La technologie tandem OLED apporte une réponse concrète à ces deux limites.

Le principe : empiler deux couches émettrices au lieu d’une seule. Chaque couche travaille à intensité réduite pour atteindre la même luminosité globale, ce qui diminue le stress sur les matériaux organiques. Le résultat se traduit par un pic de luminosité plus élevé et une dégradation plus lente dans le temps.

Apple a introduit cette approche sur ses iPad Pro, et plusieurs fabricants de smartphones préparent son intégration sur leurs prochains modèles haut de gamme. LG Display explore également le tandem OLED pour les écrans de smartphones, avec un argument supplémentaire : la consommation d’énergie baisse à luminosité équivalente.

Ce que ça change pour l’autonomie

Un écran tandem qui fonctionne à luminosité standard sollicite moins chaque couche organique. En pratique, cela se traduit par une consommation électrique réduite pour le même rendu visuel. Sur un smartphone dont l’écran représente le premier poste de consommation énergétique, le gain potentiel d’autonomie n’est pas négligeable.

On n’a pas encore assez de retours terrain sur des smartphones tandem OLED commercialisés en masse pour quantifier précisément ce gain. Les premiers appareils équipés permettront de mesurer l’écart réel avec les dalles OLED simple couche.

Choisir un smartphone OLED : les critères qui comptent vraiment

Face à la multiplication des dalles AMOLED sur tous les segments, la question n’est plus « OLED ou LCD » mais « quel type d’OLED ». Quelques points méritent attention avant un achat :

  • La technologie de rétroéclairage (LTPO permet un taux de rafraîchissement adaptatif, ce qui économise de la batterie au quotidien)
  • La luminosité en extérieur, mesurée en nits, qui varie fortement d’un modèle AMOLED à l’autre
  • La résolution réelle par rapport à la taille de la dalle, car un grand écran OLED en basse résolution perd une partie de son avantage visuel
  • La présence ou non d’une couche de protection (type Gorilla Glass) adaptée aux dalles flexibles

Le marché des écrans OLED dans les smartphones entre dans une phase où la technologie de base est acquise partout. La différenciation se joue désormais sur l’empilement des couches, la gestion énergétique et les formats physiques. Les prochains mois, avec l’arrivée des premiers smartphones tandem OLED grand public et des prototypes coulissants, permettront de voir si ces innovations quittent les salons pour les poches.

Articles en vedette