Un agent en télétravail ouvre son navigateur, tape l’ancienne URL de Melanie2web et tombe sur une page de redirection vers le Bureau numérique. Pas de message d’erreur explicite, juste une interface qu’il ne reconnaît pas. Ce scénario, de plus en plus fréquent depuis 2025, résume bien la situation actuelle de Mélanie web : une messagerie ministérielle en pleine transition, où les repères changent sans que la documentation suive toujours.
Mélanie web, Mél, Bnum : trois noms pour comprendre l’architecture
On confond souvent les termes, et c’est normal. Derrière ce qu’on appelle couramment Mélanie web coexistent en réalité trois couches distinctes.
- Mél désigne l’infrastructure de messagerie elle-même, gérée par la Direction de l’Information et du Numérique (DIN) du ministère de la Transition écologique. C’est le socle technique, celui qui route et stocke les messages.
- Melanie2web est l’ancien portail web qui permettait d’accéder à Mél depuis un navigateur. C’est cette interface, construite sur des logiciels libres comme Horde, que la plupart des agents connaissent.
- Bnum (Bureau numérique) est le nouveau portail unifié qui remplace progressivement Melanie2web. Il regroupe messagerie, agenda, documents et espaces collaboratifs dans une seule interface.
La migration de Melanie2web vers Bnum est en cours, mais aucun calendrier public de fin de bascule n’a été communiqué. Concrètement, certains agents accèdent encore via l’ancienne URL, d’autres sont déjà redirigés. Les retours varient selon les ministères et les directions.

Authentification Cerbère et double facteur en télétravail
L’accès à Mélanie web passe systématiquement par le portail d’authentification Cerbère. Sur le réseau interne ministériel, la connexion reste classique : identifiant et mot de passe Cerbère suffisent dans la plupart des configurations.
La donne change dès qu’on se connecte depuis l’extérieur. Depuis la période 2025-2026, l’authentification à deux facteurs est obligatoire pour tout accès en télétravail. Le mot de passe Cerbère doit être complété par un facteur supplémentaire, typiquement un code temporaire ou un certificat.
Connexion hors réseau ministériel : les points de vigilance
Le passage par Bnum est désormais systématique pour les accès distants. Si vous tentez d’atteindre l’ancienne URL Melanie2web depuis chez vous, attendez-vous à une redirection.
Une recommandation explicite circule dans les consignes internes : éviter les réseaux Wi-Fi publics pour se connecter à Mél en télétravail. Cafés, gares, hôtels – ces points d’accès exposent les identifiants Cerbère à des risques d’interception. Privilégiez une connexion filaire ou un réseau domestique correctement sécurisé.
Problèmes d’accès courants à Mélanie web et solutions terrain
Avant d’appeler le support, quelques vérifications rapides permettent de résoudre la majorité des blocages.
Le premier réflexe : vider le cache du navigateur. L’ancienne interface Melanie2web et la nouvelle Bnum utilisent des cookies différents. Un cache pollué provoque des boucles de redirection ou des pages blanches après authentification.
Mot de passe Cerbère expiré ou bloqué
Les mots de passe Cerbère ont une durée de validité limitée. Un mot de passe expiré ne génère pas toujours un message clair. On obtient parfois une erreur générique « connexion refusée » qui pousse à chercher un problème réseau alors que le souci est simplement l’expiration du mot de passe.
La réinitialisation se fait sur le portail Cerbère lui-même, pas depuis l’interface Mélanie web. Pensez au faire depuis un poste où vous êtes déjà connecté au réseau ministériel, c’est plus fiable.
Quota de stockage saturé
Une boîte pleine ne reçoit plus rien, sans notification particulière à l’expéditeur dans certains cas. La corbeille et le dossier « éléments envoyés » sont les premiers postes à purger. Sur l’interface Horde de Melanie2web, la corbeille ne se vide pas automatiquement par défaut : c’est un paramètre à activer manuellement dans les préférences.

Support technique Mélanie web : qui contacter et comment
Le support de premier niveau passe par le service informatique de votre direction ou établissement. C’est le point d’entrée obligatoire. Les équipes de la DIN qui gèrent l’infrastructure Mél n’interviennent pas directement auprès des agents individuels.
Quand vous sollicitez le support, préparez trois informations : le navigateur utilisé (et sa version), le réseau de connexion (interne, VPN, domicile), et le message d’erreur exact. Un signalement du type « ça ne marche pas » rallonge les délais de traitement de façon significative.
Accès mobile à Mélanie web
L’accès depuis un smartphone passe par le navigateur mobile vers le portail Bnum. Il n’existe pas d’application dédiée Melanie2web sur les stores. L’interface responsive fonctionne, mais reste perfectible sur les petits écrans, notamment pour la gestion des pièces jointes volumineuses.
Protection des données et messagerie ministérielle
Mélanie web s’inscrit dans la logique du numérique souverain de l’État. L’hébergement sur des infrastructures publiques, le recours aux logiciels libres et le passage obligatoire par Cerbère répondent à un objectif : garder la maîtrise des données de communication des agents.
Les droits d’accès aux boîtes fonctionnelles ou partagées sont gérés par les administrateurs locaux. Un agent qui change de service ou de ministère perd ses accès aux boîtes de son ancienne affectation. Ce n’est pas un bug, c’est une mesure de protection des données.
Le cadre réglementaire impose des mesures strictes sur le caractère personnel des informations échangées via la messagerie professionnelle. Les messages marqués « personnel » dans l’objet bénéficient d’une protection spécifique, même sur une messagerie de service.
La transition vers Bnum n’est pas qu’un changement d’interface. Elle acte la fin d’un outil historique au profit d’un portail conçu pour centraliser les services numériques ministériels. Pour les agents, le réflexe à adopter dès maintenant est de se familiariser avec Bnum plutôt que de chercher à maintenir les anciens raccourcis Melanie2web, qui finiront par ne plus répondre.

